« J'AI JOUI.» 

« Ce serait ingrat de ne pas lui montrer que je prends du plaisir alors qu'il se donne à fond, confie Julia. Et c'était la même chose avec mes ex : en fait, les seules occasions où je ne simule jamais, c'est quand je me masturbe, et que je ne me sens pas obligée d'avoir un orgasme pour faire plaisir à l'autre.» "Les statistiques sont implacables : deux femmes sur trois ont déjà simulé au cours de leur vie sexuelle, et c'est deux fois plus qu'il y a vingt ans “. Pour expliquer ce mythe généralisé, on peut se raconter que les femmes ne savent pas exprimer leurs désirs ou choisir leur partenaire, ou que la sexualité féminine est plus complexe, plus « cérébrale » que la sexualité masculine... Ça déresponsabilise certains messieurs qui ne savent pas situer le clitoris ou qui se contentent du minimum s ) Syndical (« T'façons elle jouit avec son cerveau, je ne vais pas lui coller mon doigt dans l'oreille pour le lui titiller, hein ! »), et ça culpabilise les femmes de ne pas jouir comme elles devraient. Car l'injonction à l'orgasme, ça existe. Dans Fakingit (non traduit en français), l'essayiste américaine Lux Alptraum observe que l'orgasme fait partie des scénarios érotiques qui façonnent l'imaginaire autant (plus ?) qu'ils le nourrissent. Sur écran, l'orgasme, c'est comme le chamboule-tout : À tous les coups, on gagne le gros lot. Pour plus d'honnêteté : on explique à son mec que, non seulement l'orgasme n'est pas automatique, mais aussi que le fait de ne pas en avoir n'empêche pas le plaisir. 
« J'étais persuadée d'être anormale parce que je n'ai jamais eu d'orgasme comme dans les films, se souvient Daphné. Jusqu'au jour où une sexologue m'a dit qu'il y avait à peu près autant de façons d'atteindre et d'exprimer l'extase que de femmes, et surtout, que l'orgasme n'était qu'une facette du plaisir. » "Un travail de pédagogie utile, pour notre amant, mais aussi pour nous : on comprend qu'on ne lui « doit pas » on peut jouir sans décrocher le lustre du plafond en hurlant de plaisir, et on peut passer un bon moment sans feu d'artifice à la fin. 

« FAIS-MOI MAL.» 

Dans Sortir du trou. Levez la tête ! Anne Carrière, Maïa Mazaurette dénonce le préjugé contre-productif selon lequel « l'amour fait mal », moralement et physiquement. Pendant longtemps, Marion a confondu plaisir et douleur : « Quand elles parlaient de sexe devant moi, mes grandes sœurs disaient des trucs comme " Moi, je préfère quand ça fait un peu mal ", " j'aime bien qu'il soit brutal ", "Je l'ai largué parce qu'il était trop doux"... J'étais donc persuadée que le sexe doit faire mal pour être bon, pas mal à hurler, mais un peu mal, quoi. Ça a complètement déréglé ma perception de ce que j'aimais vraiment, et de ce que je n'aimais pas du tout : je n'osais pas demander à mon ex d'être plus doux, de peur qu'il me prenne pour un mauvais coup !» Maïa Mazaurette observe que la douleur n'est pas considérée comme un problème, mais comme un rite de passage par de nombreuses femmes : « On apprend qu'il faut souffrir pour être belle, que la première fois fait mal, que le bon sexe fait mal, que se parler mal, c'est sexy... Comme si la douceur et le consentement étaient ennuyeux. » La sexpro avoue que la vertu érotique d'un jeu de force consentie, mais relativise sur le systématiquement jouissif : le fait de ressentir de la douleur, n'est pas toujours excitant, parfois, c'est désagréable. Pour plus d’honnêteté : si on n'aime pas, il faut le dire, d'autant que les bons amants préfèrent faire du bien que du mal.

« J'AI JAMAIS FAIT ÇA AVANT...» 

Plusieurs études le confirment : les femmes et les hommes mentent sur leur expérience sexuelle... Mais pas pour les mêmes raisons. Les femmes ont tendance à minimiser le nombre de leurs partenaires, tandis que les hommes l'exagèrent volontiers… Car beaucoup d’entre eux n’avouent pas qu’ils rencontrent des Escort-Girl. Les scientifiques expliquent cet écart par une norme sociale qui attribue aux femmes une sexualité plus sentimentale, donc plus symbolique que celle des hommes qui « prennent » leur partenaire alors que celle-ci « se donne ». Céline, ex Escort-Girl, confirme : « Une fois, un homme a été choqué que je lui dise que j'avais eu beaucoup d'amants et une seule relation amoureuse, il trouvait ça " rare pour une femme ", je cite et pas dans le bon sens du terme puisqu'il ne m'a jamais revu. En fait, si tu veux t'engager avec un homme, c'est impossible de lui dire que tu as déjà fait un plan à trois ou que tu adores la sodomie : il s'enfuit en courant ! Du coup, je divise le nombre de mes ex par quatre, et je fais semblant de découvrir la face immergée de l'érotisme avec mon partenaire, ça le rassure. Mais pourquoi les hommes, pas tous, mais beaucoup ont-ils besoin de se sentir les Christophe Colomb de nos culs ? Pour la sexologue Aurore Malet, la sexualité est un domaine intrinsèquement liée à la construction de la virilité, dont certains hommes font encore une chasse gardée : l'équivalent féminin de don Juan n'existe pas, ou alors c'est une salope sur laquelle pèse un autre mythe absurde, celui du vagin détendu, qui n'a aucun fondement scientifique puisque le vagin est un muscle, pas une manche de pull. Pour plus d'honnêteté : on rappelle à nos amants que la quantité de partenaires ne définit ni nos qualités « techniques », comme on dit au patinage artistique, ni notre valeur morale. 

« OH oui, J'EN Al TELLEMENT ENVIE...» 

Comme les hommes sont des créatures aussi fragiles que paradoxales, la plupart souhaitent rencontrer une partenaire qui ait le moins d'expériences sexuelles possible... Tout en ayant les compétences d'une pornostar. Le personnage de Maddy dans la série Netflix Euphoria en est une métaphore édifiante : alors qu'elle a eu plusieurs expériences sexuelles, elle affirme à son petit ami être vierge. Lorsque celui-ci insiste : « Personne ne t'a jamais pénétrée ? » , elle répond : « Seulement mon doigt.. » Avec une mine de chatte devant un bol de lait. «Aujourd'hui, il faut prendre des initiatives sans effrayer, être coquine, mais pas salope, réservée, mais pas ennuyeuse, ironise Lux Alptraum. Ce n'est que des mises à jour de la dichotomie vierge-putain. L'idée selon laquelle l'expertise sexuelle est innée et qu'elle ne demande aucun effort est aussi toxique qu'absurde : on n'attaque pas le Tour de France en se contentant d'avoir lu tous les livres sur le vélo... » Cette nouvelle injonction contradictoire tend à brouiller le radar de nos envies réelles. Pour plus d'honnêteté : on suit le même cheminement qu'Alice, je n'étais pas transportée à l'idée que mon mec éjacule sur mes seins, reconnaît-elle. Pourtant, au début, à chaque fois qu'il me demandait si ça m'excitait, je roucoulais "oh oui !" En y mettant autant d'enthousiasme que possible. Résultat, un jour, alors que je n'étais vraiment pas dans le mood, je me suis énervée, ça l'a déstabilisé, et on s'est engueulés. Il m'a demandé pourquoi je ne lui avais jamais rien dit, je lui ai répondu qu'il aurait pu s'en rendre compte tout seul, il m'a rétorqué que je n'avais pas un code-barres sur le front pour qu'il lise dans mes pensées... Désormais, on a des rapports plus francs, et plus satisfaisants pour lui comme pour moi.

« TU ES LE MEILLEUR COUP QUE J'AIE JAMAIS CONNU.» 

Ce n'est pas toujours un mensonge, bien entendu, mais ça peut l'être, et c'est ce que Maïa Mazaurette appelle un , «mensonge blanc» ou un pieux mensonge, qui dans le cadre d'une relation harmonieuse ne fait de mal à personne, au contraire: « J'ai connu des amants extraordinaires, avec lesquels le sexe était vraiment magique, soupire Caroline. L'un d'eux, notamment, me faisait jouir rien qu'en m'effleurant. Bon, clairement, ce n'est pas le cas de Thomas, que j'aime pourtant profondément et avec lequel j'ai envie de faire ma vie, parce qu'on s'entend à merveille, parce qu'il fera un père génial... Notre vie sexuelle n'est pas renversante, mais je lui dis le contraire et ça contribue à la pimenter. » Pour Maïa Mazaurette, les hommes subissent beaucoup plus de pression en la matière que les femmes : ils sont censés avoir envie de sexe tout le temps, prendre toutes les initiatives, bander sur commande, tenir le plus longtemps possible, faire jouir leur partenaire... « Et pourtant, le corps masculin est beaucoup moins érotisé que le corps féminin. Le fait d'entendre le désir d'une femme est donc très narcissisant »... Pour plus d'honnêteté... Ou pas : Aurore Malet nuance l'idéal de transparence au sein du couple : « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ni à entendre, et tous les men-songes ne sont pas toxiques. Certains permettent de préserver un jardin secret nécessaire dans toute relation amoureuse. Finalement, les mensonges sexuels importent peu, tant que l'on ne se ment pas à soi-même. »

Zaramodel : Selon un sondage national sur les attitudes sexuelles hétérosexuelles en France, les hommes ont en moyenne 14,14 partenaires, contre 7,12 pour les femmes. Une proportion qui reste la même partout dans le monde, quelle que soit la moyenne.